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Mercredi 1 février 2006

Efficacité économique
1. Constat partagés au cours du débat

Grandes tendances

⇒ L'économie efficace se doit de permettre à tous, employés et employeurs de pérenniser
leur activité.
⇒ Une entreprise industrielle doit investir plus pour créer le même nombre d'emplois
qu'auparavant. Il faut donc pouvoir envisager de soutenir l'investissement si l’enjeu de la
création d’emplois est réel.

"Pépites" et Témoignages

⇒ Un ancien sidérurgiste témoigne et explique le durcissement des conditions
indispensables à l'emploi, qui laisse de côté une partie des forces vives du pays.
⇒ La question de la perte de pouvoir d'achat liée au passage de l'assistanat à une situation
d'emploi est injuste. Ceci ne pousse pas les chômeurs à prendre part à cette efficacité
économique. Un statut intermédiaire paraît indispensable.

Poursuivre la réflexion

⇒ Arrêtons de parler d'entités générales. Ce n'est pas en parlant des chômeurs de façon
générale que l'on pourra faire évoluer la situation. C'est bien le cas par cas qui nous permettra
de faire évoluer les choses. Il nous faut toujours nuancer nos propos mais également nos
outils.
⇒ Les réactions face aux difficultés sont bien souvent la recherche d'un confort
individuel. En ce sens, il faut défendre la capacité de chacun à répondre à ses besoins
primaires.

2. Causes de la situation actuelle

Grandes tendances

⇒ Pour une partie des participants au débat, le niveau éducatif semble avoir baissé, alors
que pour d'autres, les exigences professionnelles ne cessent de croître et augmentent ainsi la
difficulté de trouver un emploi. D'une façon générale, une certaine incompréhension de la
notion d'efficacité "partagée" se dégage, en raison d'un manque de communication évident
entre patronat et salariat.

"Pépites" et Témoignages

⇒ Tout le monde ne peut pas prétendre à avoir des diplômes, les différences existent. Il
faut donc revaloriser les petits emplois et les métiers manuels.

Poursuivre la réflexion

⇒ L'accompagnement (tutorat, compagnonnage, formation en alternance…) peut être une
des ressources à développer.
⇒ Il faudrait travailler pour vivre. et non pas vivre pour travailler.

3. Propositions


Grandes tendances

⇒ La question de la différence entre les revenus de la solidarité et les revenus du travail
est un sujet incontournable (permettre de cumuler des aides et des revenus du travail).
⇒ C'est un effort de formation et d'adéquation entre l'éducation nationale (et autres
organismes de formation) avec le monde de l'entreprise qu'il faut développer. Mais il ne faut
pas oublier que l'école forme des citoyens et pas seulement des outils pour les entreprises.
⇒ Il faut prendre l'argent là où il y en a et réellement limiter les exonérations fiscales
sans contrepartie.

"Pépites" et Témoignages

⇒ Le besoin d'une meilleure efficacité de l'ANPE est souligné.
⇒ La question de la création d'emploi dans de nouveaux domaines est soulevée. Certains
viviers d'emploi sont encore inexplorés, comme dans le domaine des énergies renouvelables.
⇒ Une inappétence des demandeurs d'emplois peut voir le jour aujourd'hui, c'est bel et
bien sur le suivi et l'accompagnement personnel que les ANPE ou DDTEFP doivent se
concentrer, et pas sur la production de statistiques. Un intervenant souligne cependant qu’il ne
faut pas généraliser, au sein de l’ANPE, il y a des personnes formidables.
⇒ La création d'emplois ne se décrète pas, mais il faut trouver les leviers à la création
d'emploi, dans un rapport intelligent et nouveau avec les entrepreneurs.
⇒ La création et le maintien de l’emploi passe par l’existence d’infrastructures : des
logements accessibles financièrement, des moyens de transport efficaces, des modes de garde
des enfants, des cantines…
⇒ Il faut renforcer les moyens de l’éducation nationale pour former les gens sur des
outils adaptés (pas des machines obsolètes depuis 10 ans).
⇒ Il faut qu'il y ait un accompagnement étatique des employeurs et des dégrèvements
d'impôts liés à la création et à la pérennisation d'emplois.
⇒ Il faut favoriser les coopératives et les pépinières d’entreprises.
⇒ Il faut aujourd'hui accompagner les idées nouvelles et soutenir les activités innovantes,
ainsi qu'inciter les jeunes à concrétiser leurs idées novatrices et leurs projets en favorisant la
création de leur propre emploi. Ceci sera forcément générateur d'emploi et d'économie. Ce
sont les jeunes aussi qui aujourd'hui ont les idées qui feront évoluer la France vers une réelle
société de la connaissance.
⇒ L'exemple des industries liées à l’environnement et au développement durable est
souligné et la question des lobbyings freinant l'évolution de notre économie est à contrer.
⇒ Il ne faut pas se concentrer sur la productivité compte tenu de l’écart avec les pays
émergents. L’innovation est prioritaire.
⇒ Il faut une fiscalité spéciale pour les entreprises qui délocalisent.
⇒ La taxe Tobin reste d’actualité (à porter au niveau européen).
⇒ Ne pas laisser faire toutes les restructurations et fermetures de sites (droit aux
alternatives pour les salariés, recherche de repreneurs, changement d'objectifs pour les
administrateurs judiciaires, transparence des comptes...).
⇒ Favoriser l'industrie par l'investissement, la recherche de solutions alternatives en cas
de restructurations, le transfert des exonérations accordées aux entreprises riches vers d'autres.
⇒ L'investissement dans la recherche étant essentiel, les entreprises utilisant leurs profits
pour racheter leur capital devraient être taxées. Les entreprises volontaristes en matière de
financement de la recherche pourraient bénéficier d'un soutien plus important que les autres.
⇒ Pour des participants, il faudra obligatoirement réformer le CNE.
⇒ Changer les réglementations dans le cadre des fermetures de sites, de redressement
judiciaires. Rendre plus intéressante (pour les administrateurs judiciaires...) la reprise d'une
entreprise plutôt que sa liquidation. Il faut aussi obliger à trouver un repreneur en cas de
fermeture d'entreprise et inscrire dans la loi le droit à l'établissement d'alternatives
économiques par les salariés et leurs représentants en cas de restructurations.
⇒ Il faut aujourd'hui prôner la transparence des comptes, obligatoire pour toutes les
entreprises.
⇒ Les unités d'un même groupe international sont en concurrence entre elles. Il faut le
savoir quand on décide ou non d'intervenir sous forme d'aides ou de subventions directes et si
on refuse de les aider, on risque d'accélérer les délocalisations.
⇒ Le mouvement associatif est également créateur d'emploi à condition qu'on les
pérennise. Il ne suffit pas de demander des projets pour obtenir des aides, il faut leur
donner les finances afin de pérenniser les emplois nécessaires à ces projets, notamment
lorsqu'ils sont innovants. À savoir que c'est le monde associatif qui a créé le plus
d'emplois nouveaux dernièrement et également sous Lionel Jospin.

Poursuivre la réflexion

⇒ Les entreprises financent le domaine de la recherche, mais cela reste encore trop
largement insuffisant.
⇒ Il faut sortir de l'hypocrisie et oser parler des stocks-options, parachutes dorés et très
hauts salaires. Les plafonner devrait être un objectif.
⇒ Les écarts de salaires entre patrons et employés paraissent trop importants. Sans
disparaître totalement, ces différences devraient être réduites.
⇒ Aujourd'hui, nous ne pouvons plus penser à l'échelle française, mais nous devons
prendre en compte la question européenne et mondiale.
⇒ La lutte contre le blanchiment d'argent est également abordée (à relayer au niveau
européen).
Par Erasme de Metz - Publié dans : Pouvoir d'achat
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