Bayrou - Royal. Exercice pratique de respect
Soyons franc, a priori cet évènement, la discussion Bayrou-Royal, n'était pas prévisible. Comme soutien de Ségolène Royal, j'aurais plutôt imaginé un scénario où il était inutile.Mais on ne peut ignorer, rejeter d'un revers de main méprisant les résultats du premier tour. Plus de 18% des électeurs ont donné un message fort en votant François Bayrou, un message de recherche d'équilibre, d'ouverture, de dépassement des clivages idéologiques....mais pas des idéaux.
Que l'on soit d'accord ou non avec ce qui a conduit à voter François Bayrou, il fallait une réponse adaptée.
Et cette réponse n'était surement pas de faire comme avant, un avant où le centre n'était effectivement qu'une forme de droite: "Allez, fini de joué, il est beau mon discours, revenez au bercail ou allez au diable". Parler du respect c'est bien, le mettre en pratique c'est mieux.
12 candidats, temps de paroles égaux, irruption tardive de F.Bayrou, après la confusion de la campagne du premier tour, il fallait un retour au débat serein, à l'explication des projets qui ont rassemblé le plus d'électeurs, il fallait nous traiter comme des adultes, il fallait que le représentant de 18% des électeurs puisse préciser ses choix, ses valeurs, ses idéaux.
Sous la pression de François Bayrou, de ses supporters, de ses électeurs, et par l'intelligence, le respect de Ségolène Royal, notre démocratie est devenue soudain plus adulte.
D'aucun font des références hasardeuses à la 4ième République. C'est jouer sur notre ignorance (cette République a disparu, il y a 50 ans). C'est confondre tractations de couloirs entre puissants et débat transparent sous les yeux de tous, sans ralliements.
Ce que je sais, parce que je l'ai vécu, c'est la somme de luttes "fraternelles" et de tractations obscures et hasardeuses qu'a portées notre République actuelle, au point d'en écoeurer les gens.
Alors, pour agir, c'est d'une vraie démocratie représentative, d'une vraie démocratie participative, de vraies dicussions entre porteurs de projets et de valeurs, dont nous avons besoin.
La discussion Bayrou - Royal a été un excellent exemple dont nous devons être fiers. Un débat sur le fond où l'on accepte ses divergences, où l'on souligne ses convergences.
Regardons le. Merci.
Vous pouvez aller lire un compte rendu à chaud, et équilibré, par Versac en cliquant ici, et je reproduis une analyse publiée par la Croix ci-dessous après les vidéos du débat)
BFM Tv : dialogue Ségolène Royal / François Bayrou - Part 1/2 - kewego
BFM Tv : dialogue Ségolène Royal / François Bayrou - Part 1/2
le 28/07/07
BFM Tv : dialogue Ségolène Royal / François Bayrou - Part 1/2
le 28/07/07
BFM Tv : dialogue Ségolène Royal / François Bayrou - Part 2/2 - kewego
BFM Tv : dialogue Ségolène Royal / François Bayrou - Part 2/2
le 28/07/07
BFM Tv : dialogue Ségolène Royal / François Bayrou - Part 2/2
le 28/07/07
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Video de tv-2007
Il n’existait pour elle qu’un seul moyen d’obtenir ce résultat : montrer quelles pouvaient être les convergences entre ses propositions et celles du candidat centriste. D’où l’idée avancée très vite d’un « débat public » pour examiner ce qui les rapprochait tout deux et ce qui les éloignait, ensemble, des offres de Nicolas Sarkozy.
Cette rencontre a donné lieu à de multiples péripéties, tergiversations, reports avant de se tenir samedi dans un hôtel parisien. L’ensemble avait bien sûr un air de « petite finale » selon l’expression de Nicolas Sarkozy, dans un décor inhabituel, un peu bricolé pour un débat de ce type. Du coup, le débat semblait aussi moins solennel, plus décontracté, porté parfois par quelques touches d’humour.
Pourtant, au terme de près de deux heures de dialogue, l’essentiel de la démonstration a été fait. Il existe une plus grande proximité de préoccupations entre François Bayrou et Ségolène Royal qu’entre François Bayrou et Nicolas Sarkozy. Sans que le leader centriste ne concède rien et surtout pas un ralliement à Ségolène Royal. Et sans que celle-ci n’accepte de trop « lâcher » son « pacte présidentiel ».
Au terme des échanges, les deux participants avaient en outre atteint leurs objectifs et devraient en tirer bénéfice, charmes du « gagnant-gagnant », figure imposée de cette campagne. François Bayrou, bien qu’éliminé à l’issue du premier tour, va continuer à peser dans la perspective du second et sans doute au-delà. Et Ségolène Royal, qualifiée, mais en situation difficile, pourra s’appuyer devant les Français sur un dialogue avec le leader centriste dont la tonalité était à dominante complice.
Les points les plus controversés ont été les propositions économiques de la candidate socialiste, alors qu’un accord assez net s’est dégagé aussi bien sur la question des institutions que celle de la relance de la construction européenne, après le "non" français et néerlandais au référendum sur la Constitution.
Mais, à vrai dire, les grands gagnants de ces échanges auront été les Français qui ont pu assister, au moins pour certains d’entre eux, à un début de décrispation de la vie politique française. Nouveau et inédit, ce débat a été un premier pas vers une modernisation du dialogue, objectif partagé par les deux débatteurs. Cette rencontre imaginée sous l’emprise de la nécessité par Ségolène Royal était essentielle pour elle.
Mais pour François Bayrou, le gain n’est pas nul. Jamais dans une présidentielle, un candidat du premier tour, éliminé mais en ayant fait campagne sur le déblocage du système, n’aura vu ses vœux aussi nettement exaucés. Au moins pour un temps.
François Ernenwein
Le leader du centre refuse tout ralliement. Mais hors des questions économiques ou celle de la carte scolaire, les convergences avec Ségolène Royal ont été nombreuses.
On aurait pu penser que cette campagne électorale pour la présidentielle avait livré toutes ses ressources dès le premier tour. Intérêt marqué pour les propositions des candidats, mobilisation exceptionnelle des électeurs le 22 avril, clos par un résultat prévisible, le retour au classique affrontement droite-gauche, autre nom de l’habitude.
Le reste aurait alors été les figures imposées : ordre contre mouvement dans la rhétorique des uns, dynamisme des entreprises contre économie administrée dans la logique des autres
Ce scénario ne tenait pourtant pas compte du score obtenu par François Bayrou, plus de 18% des voix soit 6,8 millions d’électeurs. Et l’impératif catégorique qui pesait sur Ségolène Royal si elle voulait espérer l’emporter le 6 mai : assurer un bon report de voix centristes sur sa candidature.
On aurait pu penser que cette campagne électorale pour la présidentielle avait livré toutes ses ressources dès le premier tour. Intérêt marqué pour les propositions des candidats, mobilisation exceptionnelle des électeurs le 22 avril, clos par un résultat prévisible, le retour au classique affrontement droite-gauche, autre nom de l’habitude.
Le reste aurait alors été les figures imposées : ordre contre mouvement dans la rhétorique des uns, dynamisme des entreprises contre économie administrée dans la logique des autres
Ce scénario ne tenait pourtant pas compte du score obtenu par François Bayrou, plus de 18% des voix soit 6,8 millions d’électeurs. Et l’impératif catégorique qui pesait sur Ségolène Royal si elle voulait espérer l’emporter le 6 mai : assurer un bon report de voix centristes sur sa candidature.
Plus grande proximité de Bayrou avec Royal qu’avec Sarkozy
Cette rencontre a donné lieu à de multiples péripéties, tergiversations, reports avant de se tenir samedi dans un hôtel parisien. L’ensemble avait bien sûr un air de « petite finale » selon l’expression de Nicolas Sarkozy, dans un décor inhabituel, un peu bricolé pour un débat de ce type. Du coup, le débat semblait aussi moins solennel, plus décontracté, porté parfois par quelques touches d’humour.
Pourtant, au terme de près de deux heures de dialogue, l’essentiel de la démonstration a été fait. Il existe une plus grande proximité de préoccupations entre François Bayrou et Ségolène Royal qu’entre François Bayrou et Nicolas Sarkozy. Sans que le leader centriste ne concède rien et surtout pas un ralliement à Ségolène Royal. Et sans que celle-ci n’accepte de trop « lâcher » son « pacte présidentiel ».
« Gagnant-gagnant »
Les points les plus controversés ont été les propositions économiques de la candidate socialiste, alors qu’un accord assez net s’est dégagé aussi bien sur la question des institutions que celle de la relance de la construction européenne, après le "non" français et néerlandais au référendum sur la Constitution.
Mais, à vrai dire, les grands gagnants de ces échanges auront été les Français qui ont pu assister, au moins pour certains d’entre eux, à un début de décrispation de la vie politique française. Nouveau et inédit, ce débat a été un premier pas vers une modernisation du dialogue, objectif partagé par les deux débatteurs. Cette rencontre imaginée sous l’emprise de la nécessité par Ségolène Royal était essentielle pour elle.
Mais pour François Bayrou, le gain n’est pas nul. Jamais dans une présidentielle, un candidat du premier tour, éliminé mais en ayant fait campagne sur le déblocage du système, n’aura vu ses vœux aussi nettement exaucés. Au moins pour un temps.
François Ernenwein
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