3 leçons sur l'Etat-Providence

Publié le par Erasme de Metz

En attendant de savoir ce que va devenir ce blog compte tenu de mon actualité municipale, je reprends des petits conseils de lecture.

La République des Idées revient en pleine forme avec les "Trois leçons sur l’État-providence" par Gøsta Esping-Andersen, avec Bruno Palier.

Avec une vraie bonne question: Quel État-providence pour les sociétés post-industrielles vieillissantes ?

A méditer

Quelques mots extrait de la note de lecture de Denis Clerc dans Alternatives Economiques:

"On pouvait croire le sujet rebattu. Des dizaines de rapports, des centaines d'articles ont en effet traité de l'avenir de l'Etat-providence, fort mal en point nous disaient leurs auteurs, confronté qu'il est à des défis quasi insurmontables: la baisse de la fécondité, la montée de la monoparentalité et, enfin, le vieillissement. Les prescriptions qui concluaient ces diagnostics quelque peu décourageants s'appelaient baisse des prestations, recours croissant au marché et appel au patriotisme démographique pour les uns, à l'immigration choisie pour les autres. Bref, l'Etat-providence vivait ses derniers moments, ou presque; son avenir était derrière lui.

(... ) Mais le pape de la discipline intervient dans l'arène avec ce petit livre au titre anodin, mais au contenu explosif. Car le professeur danois est une sommité universellement reconnue et appréciée dans ce domaine. Que nous dit-il dans ses "trois leçons"? D'abord, qu'il est souhaitable que la "révolution féminine" aille jusqu'au bout et que toutes les femmes travaillent. Parce que cela leur procure autonomie et reconnaissance sociale, bien sûr, et parce que c'est la meilleure assurance contre la pauvreté, pour les couples comme pour les familles monoparentales. Mais aussi parce que la société tout entière a besoin de ce travail féminin et des cotisations sociales ou des impôts que la rémunération engendre, si nous voulons conserver un bon niveau de protection sociale. Plus nous serons nombreux à cotiser, mieux cela vaudra pour chacun... et pour tous. Une leçon utile à entendre en ces périodes où toute taxation est présentée comme l'incarnation du diable.

Deuxième leçon: il ne suffit pas que les femmes travaillent. Il faut aussi que leurs enfants soient gardés. Et gardés de façon intelligente. Car la meilleure façon de lutter contre l'échec scolaire, et donc de réduire les difficultés à venir en termes de revenu autant qu'en termes d'accès à l'emploi convenable, c'est d'avoir un bon niveau de formation. Et le maître sort de sa poche toute une batterie d'études et d'indicateurs qui montrent qu'un enfant gardé précocement dans des institutions de qualité, c'est encore le meilleur moyen de lutter contre les handicaps culturels et les déterminismes sociaux. Des institutions de qualité, tout le monde comprendra: des crèches, puis des écoles maternelles, avec du personnel qualifié. A défaut, non seulement certaines femmes sont empêchées de travailler, mais leurs enfants risquent davantage l'échec scolaire.

Veiller à l'équité. Troisième leçon: oui, il faudra bien reculer l'âge de la retraite, mais de façon équitable. C'est-à-dire sans paupériser les retraités et en leur assurant un taux de remplacement constant de leurs revenus d'activité. A défaut, sous prétexte d'assurer une équité entre générations, on réintroduira des inéquités au sein de chaque génération, entre ceux qui pourront se préparer un petit nid douillet pour leurs vieux jours et ceux qui ne le pourront pas.

(...)

L'Etat-providence a encore de beaux jours devant lui, à condition qu'il mette de plus en plus l'accent sur le travail - pour se financer - et sur la qualité - pour rendre le financement acceptable et efficace. (...)"

Publicité

Publié dans Pour réfléchir

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
YO Erasm,eMerci pour les conseils de lecture, je vais moi même m'en servir.Quand je serai sur Metz, il faudra qu'on se fasse une bouffe entre djeuns.La classe, je peux frimer et dire "je connais une adjointe à la mairie de Metz", quel honneur ;-)
Répondre