Inégalités, se méfier des ratios

Publié le par Erasme de Metz

Toujours se méfier des évidences surtout si elles se présentent sous forme de chiffres, disait le grognon du coin.
Le débat sur la fiscalité locale lors de la campagne a pu l'illustrer sous l'angle "ne confondons pas les pourcentages et les euros" , et je ne peux que vous reconseiller des livres tels que  que le "Petit cours d'autodéfense intellectuelle" (oui, je sais cela fait au moins dix fois que je le conseille) ou "Freakonomics".
Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des Ingalités l'illustre une nouvelle fois dans un article sur les inégalités.
Le ratio utilisé pour mesurer le niveau des inégalités est le rapport entre les revenus des 5% des ménages aux plus hauts revenus et les 10% des ménages aux plus bas revenus.
Ce chiffre est stable depuis plusieurs années ce qui tendrait à prouver que les inégalités ne s'accoissent pas ... mais une autre lecture est possible.
En effet le ratio peut rester constant si les deux chiffres qui le composent augmentent du même pourcentage. Si pour tous les revenus il y a une augmentation de 1%, le ratio qui mesure les inégalités restera constant.
Or vous imaginez bien que 1% de hausse sur un haut revenu, cela ne donne pas la même chose que pour les bas revenus.
Si on raisonne, en euro, en valeur absolue, on arrive à la conclusion suivante:
Entre 1996 et 2005,  les plus hauts revenus (5% de la population) ont vu leurs revenus augmenter au minimum de 6108 euro par an et par ménage, alors que les plus bas revenus (10% de la population) ont vu leurs revenus augmenter de 1137 euro au maximum par an et par ménage.
Pour la vie quotidienne, qui se paie en euro et non en pourcentages de croissance, les inégalités se sont donc accrues.

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Publié dans Economie et Social

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