L'ordre et la main tendue

Publié le par Erasme de Metz


Pour fixer les idées, je suis depuis fort longtemps un grand fan de DSK et l'aurais soutenu sans hésiter. S'il est désigné par les militants, je le soutiendrai sans réserve. J'ai le plus grand intérêt pour les idées portées par le Verts et les écologistes en général. Je pense que le PC, la LCR, des mouvements comme ATTAC sont indispensables à notre vie démocratique et qu'ils apportent des questionnements et des réponses qui valent d'être pris en compte.
Sauf qu'à mes yeux Ségolène Royal répond mieux aux aspirations de notre pays en ce moment.
Alors comprenez que la phrase de DSK sur le sarkosisme supposé de Ségolène Royal, les réactions dez Verts, des Jeunes socialistes, et d'autres partis de gauche sur la dérive extrème-droitière de Ségolène Royal, loin de me faire rire ou de me convaincre, me peinent au dernier degré, parce que je soutiens Ségolène Royal, parce que j'estime ces représentants de la vie politique française, parce qu'ils devront travailler ensemble et parce que ces jugements sont faux.
Je suis peut être idiot mais je ne vois pas de rapport entre les propositions de Sarkozy, Le Pen, de Villiers  et celles de Ségolène Royal; si l'on écoute bien.
Allez voir les messages de soutien sur Désirs d'Avenir; discutez autour de vous (pas avec des militants!!!). Je fais en ce moment, ici en Lorraine, l'expérience troublante mais porteuse d'espoir que des personnes "sociologiquement" de gauche pour quasiment tous les sujets  et qui étaient prêtes à voter à droite pour suivre l'activisme sarkosien; et bien ces personnes sont maintenant prêtes à suivre le PS et la gauche si c'est Ségolène Royal.
Cela ne signifie pas que cela doive être nécessairement elle...mais qu'il faut bien prendre en compte ce qui se passe dans notre société.
Il y a un besoin d'ordre et d'autorité mais avec des mains tendues. Chez Sarkozy, Le Pen, de Villiers il n'y a rien après le "mais" et c'est une énorme différence.

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Publié dans Démocratie

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R
Tout à fait d\\\'accord avec cette analyse.J\\\'ai été très surpris, au cours de ce week-end, qu\\\'il y ait tant de rivalités entre les présidentiables du PS . Je suis notamment très déçu par Dominique Strauss-Kahn qui semble placer son ambition personnelle avant la réussite de la Gauche : assimiler Ségolèe Royal  à Sarkozi en déclarant " on a un sarkozi dans le pays, ce n\\\'st pas la peine d\\\'en avoir deux " est une vacherie et ne joue pas en sa faveur pour le vote des militants.
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J
J'ai precisé l'article incriminé et vous devriez vous y retrouver bien mieux.Je le reproduis ici,étant donné sa longueur raisonnable.Bonne lecture:<br /> Les sondages ne "disent" rien mais "indiquent"-que,admettons,60% ou plus des "intentions de vote"-terminologie sondagière-se porteraient sur Ségolène Royal dans un second tour face à l'ensemble des autres "qalifiables"(Sarkozy,Le Pen,Villepin,Borloo),il  faudrait considérer alors qu'un phénomène politique de fond se forme,à l'image du Gaullisme,du Mitterrandisme...<br /> Eu-égard aux sondages,ne soyons pas trop sceptiques dés lors que ceux-ci indiquent de très hauts scores potentiels pour un/une candidat(s) et que celui-ci/celle-ci trouve pas ailleurs une foule enthousiaste dans chacun de ses déplacements au contact des Français,comme ce fut le cas pour Ségolène dans le Nord cette semaine.Les Français ne sont pas toujours versatiles,ne cèdent pas toujours à la manipulation des médias,n'épousent pas des effets de mode passagers,comme on avait pu en connaître en 2002 avec la candidature Chévènement,vite retombée.<br /> Les clivages sociaux et l'importance du facteur familial permettent encore d'expliquer beaucoup de chose dans un fait de popularité en 2006.Nous connaissons assez bien,grâce à la science politique,les "déterminants du vote"(depuis le "paradigme de Chicago" de Lazarsfeld dans les années 60 à propos du vote des classes moyennes américaines:position sociale au moment du vote,perception de l'avenir,patrimoine familial,suivisme familial et même professionnel,expliquent en grande partie le choix de tel ou tel candidat dans l'isoloir).La théorie de l"'électeur rationnel"(années 1980)ne joue qu'à la marge,les élécteurs étant massivement confrontés à une "asymétrie d'information" quant aux candidats qui se présente à eux,qui leur fait très massivement opter pour la sécurité plutôt que l'impulsion.<br /> Je voudrais rappeler un fait historique qui,sans doûte aujourd'hui,va permettre de comprendre pourqoui l'électorat français se clive nettement,d'après les sondages,autour de 3 candidatures potentielles qui,vraisemblablement,seront les seuls à pouvoir figurer au second tour:il s'agit du "vote familial",qui continue de jouer à plein dans de larges secteurs de la société française,notamment dans les milieux populaires,les milieux à faible "socialisation politique",à forte identité classiste ou professionnelle...Autrement dit,parmi les non-politisés...<br /> Le vote familial a d'abord été une potentialité juridique,jusqu'au régime de Vichy et,dit-on,dans les cartons du Général de Gaulle,qu'on pensait beaucoup plus républicain,et qui avait conservé depuis sa jeunesse maurrassienne,une velleité de rétablir des "corps intermédiaires" entre l'Elu et les tréfonds du peuple français.Historiquement,qu'était le "vote familial"?Dans la France des Notables(1815-1848),Guizot,Laffitte,Villèle,voulaient mettre en place un système de participation électoral dans lequel seul le père de famille pourrait voter.Cela n'a jamais(heureusement!)vu le jour mais l'idée partait d'un constat,encore largement valable aujourd'hui:les intentions de vote d'un membre d'une phratrie peuvent souvent être étendus aux autres membres de cette même phratrie.Un candidat très populaire(Sarkozy et Royal aujourd'hui)ont une popularité dans le tréfonds des familles.Ce n'est nullement un "effet",une "vague"...Idem avec Mitterrand,Chirac,De Gaulle...autrefois...Autrement dit,les votes pour l'un ou l'autre des deux candidats devraient être massivement "familiaux",classistes,et non pas de pure opportunité individuelle(théorie de l'électeur rationnel)ou sur un "feeling" de dernière heure,comme cela a pu se produire en 2002,à l'avantage des "petits candidats"(Boutin,Mamère,Besancenot,Taubira,Lepage..)qui ont bénéficié de votes d'humeur,de dernière heure,lié à des hésitations face à la médiocrité et à l'absence d'enjeux perceptibles,les jeux ayant déjà été faits à l'avance par les médias et les sondages:tout le monde prédisait sans aucune vergogne la victoire de Lionel Jospin.<br /> En conclusion,certains prédisent(et nous les soutenons)que nous assisterons à une vraie campagne,clivée,classique,bipolaire,en 2007.En effet,et également à un recul du très post moderne vote d'opportunité(le "zapping" électoral),qu'on pensait dominant,qui ne joue plus qu'à la marge dans un contexte de radicalisation des enjeux(le déclin inéxorable ou non de la France) et de crise économique sans précédents...Dans ces moments-là(1936,1968,1981),le vote utile et "familial" joue à plein...<br /> Sur la stratégie de Ségolène:<br /> Elle est sincère,ce que beaucoup de "gens"(horrible mot mais qui veut dire beaucoup)ressentent.Il en était de même pour De Gaulle.Elle ne plaîra sans doûte pas massivement à la France dynamique,instruite,intellectuelle,exigeante,zappeuse,jeune et tournée vers l'innovation,qui constitue une partie de l'armature électorale et militante du PS.Elle s'en moque et je pense qu'elle a bien raison car,ce qui fera l'élection,c'est le vote ouvrier,des "petites gens",des personnes âgées et modestes qu'on consulte et entend peu,qui cependant votent.Elle fait sursauter l'appareil du PS en s'adressant subitement à "eux",les gueux qu'on ne voulait plus voir...C'est une stratégie diabolique et payante,qui peut non seulement auto-entretenir sa popularlité mais ruiner instantanément toute chance de la contrer au sein même du PS et même dans le camp d'en-dace,désarçonné,réduit à l'ironie et aux sarcasmes,à la vanité...
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