Football, flexibilité, RTT et CNE

Publié le par Erasme de Metz

Avec football dans le titre, voilà un article qui va intéresser !!!!

Ségolène Royal a porté au débat une critique récurrente faite à la réduction du temps de travail: la hausse de la flexibilité vécue par une part accrue des salariés.

Selon une étude sur les effets du CNE réalisée par le ministère de l'Emploi et publiées mercredi dans "Les Echos", seuls 10% des contrats nouvelles embauches correspondent à des créations d'emplois et 30% de ces nouveaux contrats ont été rompus dans les six mois. Cette étude note même que 70% des embauches CNE auraient eu lieu dans les mêmes délais si ce contrat n'avait pas existé.

Quel lien faire entre ces deux éléments? Une critique de notre approche de la flexibilité.

L'univers dans lequel nous vivons est de plus en plus mobile, complexe. Il implique de s'adapter en permanence ou de disparaitre. La loi de la jungle sociale accélérée par le libéralisme totalitaire ambiant fait son grand retour.

L'humanité a mis des millénaires à se libérer de la loi de la jungle naturelle (il y a longtemps ... dans
notre préhistoire): elle y est parvenue en créant des groupes humains solidiares qui ont construit des abris ensemble, des outils ensemble.

Face à la jungle sociale actuelle, il faut retrouver cette solidarité.

Une récente étude montre qu'une équipe de football, filmée du dessus, se comporte comme un super organisme vivant (enfin quand elle marche bien ... allez la France?).
Il apparait automatiquement une intelligence collective qui n'a pas besoin de mots pour s'activer et  qui n'a pu naitre que par le travail et la confiance.
Le groupe peut corriger les défaillances individuelles. Ce n'est pas chaque joueur qui assume la flexibilité demandée par le jeu, c'est l'équipe.

Et bien la réduction du temps de travail ce devrait être ça. La RTT n'est pas un débat économique, un outil pour créer des emplois par des mécanismes automatiques.
Ce doit être un choix de société, une manière d'organiser celle-ci.

Demander à une petite entreprise de 10 personnes de réduire de 10% le temps de travail sur ses seule force c'est quasiment mission impossible. Elle ne peut embaucher (il faut créer 0,1 emplois ...) pour compenser.
Faire en sorte que 10 petites entreprises réduisent le temps de travail, qu'elles travaillent ensemble, qu'elles embauchent 1 personne (0,1 fois 10) qui va leur apporter une force commerciale, une capacité d'innovation ou une meilleure organisation du travail...là on a quelquechose de neuf, de créateur d'emploi, et qui prend en compte les contraintes individuelles.

Cela peut être le principe des groupements d'employeurs, des systèmes locaux de production ou des pôles de compétitivité.

C'est la collectivité qui devient flexible, pas chaque individu...et alors le tout devient plus que la somme des individus sans écraser ceux-ci.

Mais cela demande de la confiance, de la solidarité. Cela demande aussi de trouver le bon niveau d'organisation (le quartier, la ville, la région, la France, l'Europe...).

Dans ce cadre, nous pouvons nous demander ce que nous pouvons faire localement et pas seulement attendre une solution macroénomique venue d'une autre planète. A Metz, en Moselle, en Lorraine, il est possible de s'organiser ou de favoriser une organisation collective (et pas collectiviste !!!).

Oui notre monde demande de la flexibilité, il l'a sans doute toujours demandé.
Mais, on doit choisir entre une flexibilité qui pèse sur l'individu uniquement (le libéralisme totalitaire représenté par Nicolas Sarkozy), ou une flexibilité portée collectivement qui nous permette, comme nos ancêtres préhistoriques de nous sortir de la loi de la jungle.


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Publié dans Economie et Social

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