Tas de fainéants !

Publié le par Erasme de Metz

netsuke.jpegAu moment où l'ancienne filiale d'EADS, Sogerma, met en place une hausse du temps de travail sans hausse de salaire (cliquez ici) et que le vainqueur de la campagne présidentiel a finalement fait peser sur l'Etat et les français (enfin une partie) les difficultés de notre économie et de nos entreprises, il peut être intéressant d'étudier aussi les responsabilités des dirigeants d'entreprise, des actionnaires.
Guillaume Duval (plus énervé qu'à l'accoutumé), rédacteur en chef d'Alternatives Economiques rappelle dans l'article ci-dessous quelques données globales qui peuvent laisser penser que tout est plus compliqué qu'un 'travailler plus pour gagner plus" électoral:
(paru dans Libération)

"Il faut, paraît-il, «réhabiliter la valeur travail». Nicolas Sarkozy en a fait le thème central de sa campagne victorieuse. Il considère manifestement que la paresse actuelle des Français est la cause principale des difficultés que rencontre le pays. Il s'agit là pourtant d'une contrevérité qui aurait dû en bonne logique lui coûter l'élection tant le propos est insultant à l'égard des 22,5 millions de salariés, qui travaillent dur chaque jour, et des 2 millions de chômeurs, qui aimeraient pouvoir en faire autant.
 
Rien n'est plus faux en effet que ce préjugé tenace d'une France paresseuse : les salariés français figurent au contraire parmi les plus productifs au monde. Selon les chiffres du Bureau des statistiques du travail (BLS), un Français qui occupe un emploi avait produit 71 900 dollars de richesses en moyenne au cours de l'année 2005. C'est certes moins que les 81 000 dollars produits par l'employé américain moyen, mais significativement plus que les 64 100 dollars d'un Anglais, les 59 100 d'un Allemand ou les 56 300 dollars d'un Japonais... Et même en matière de temps de travail, si Nicolas Sarkozy ne se contentait pas de répéter les poncifs que lui soufflent ses amis chefs d'entreprise, il saurait que les salariés français ne sont pas, et de très loin, ceux qui travaillent le moins en Europe. Selon Eurostat, l'organisme statistique officiel de l'Union, un salarié français travaillait en moyenne 36,4 heures par semaine au troisième trimestre 2006. Contre 36,1 dans l'ex-Union à quinze pays. Les Français travaillent presque aussi longtemps que les Anglais (36,5 heures) et significativement plus que les Danois (34,6 heures) dont le modèle social est si envié, ou que les Allemands (34,5 heures) champions du monde de l'exportation. Sans parler des Néerlandais qui ne restent en moyenne que 29,8 heures au travail chaque semaine. Dans l'ex-Europe à quinze, c'est en Grèce (39,9 heures) et au Portugal (39,2 heures) qu'on travaille le plus longtemps. Rattraper la Grèce et le Portugal, est-ce cela l'ambition de Nicolas Sarkozy pour l'économie française ?
 
Contrairement à ce que laisse entendre le nouveau président de la République, les salariés français ne sont donc pas des paresseux ni les chômeurs de l'Hexagone des profiteurs. Pour autant, il ne fait guère de doute que les entreprises françaises rencontrent des difficultés importantes. Elles sont souvent à la peine sur les créneaux high-tech en expansion et s'en sortent nettement moins bien sur le marché mondial que les entreprises allemandes. Et cela bien que le travail soit sensiblement plus cher outre-Rhin : 33 dollars de l'heure en 2005 pour un ouvrier de l'industrie contre 24,6 en France selon les chiffres du BLS. Si la paresse des salariés n'est pas en cause, ni le coût de leur travail, est-ce que les raisons de ces difficultés ne seraient pas à chercher plutôt en priorité du côté de la tête des entreprises ? Du côté de la faible qualité de leurs dirigeants et de l'inefficacité de leurs modes de gestion ? Quand on observe, par exemple, le gigantesque gâchis que l'incurie d'un Arnaud Lagardère, actionnaire de référence, combinée à la soif de pouvoir d'un Noël Forgeard, a provoqué au sein d'Airbus, on se dit en effet que c'est surtout au niveau de ses élites économiques, de leur recrutement et de leurs habitudes de fonctionnement, que l'économie française aurait besoin d'une «rupture»."
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Publié dans Pour réfléchir

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L
Erasme, sache que je recommande ton blog à des connaissances car je trouve certains idées très interessantes.
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E
@Fabrice et Lady Chester, c'est analyses  ont été diffusées (sur blig aussi d'ailleurs) mais il est parfois difficile de trouver le ton juste pour les faire passer.Ce qui avait été réussi par les partisan du Non au TCE ne l'a pas été lors de cette campagne .... cela m'interroge beaucoup sur le ton, l'utilisation à faire de ce blog par exemple
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A
Depuis 3 mois j'ai ouvert un blog politique sur http://desirsdavenir86000.over-blog.net/ Ce blog est consacré à Ségolène Royal qui va sans doute devenir prochainement la chef de l'opposition et elle sera sans doute notre candidate pour les élections présidentielle de 2012. Venez nombreux voir ce blog malgré vos appartenance politique,il est ouvert à tout le monde. Pourriez vous mettre un lien vers mon blog s'il vous plait!!! Nous vous remercions tous pour cette belle campagne présidentielle et nous remercions Mme Ségolène Royal qui a fait une très bonne campagne et qui a su nous redonner le goût de la politique. Vous pouvez dès maintenant vous abonnez à la Newsletter.
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L
Article très interessant qui arrive tardivement. Pourquoi ces analyses n'ont pas été diffusées plus tôt ? Il commence à y avoir du remou au niveau des grandes entreprises tels que EADS. On veut cacher l'incompétence des dirigeants qui réussissent à couler les boîtes et réclament en plus des indemnités exorbitantes en guise de remerciement .On nous fait aussi croire que les français sont des fainéants. En tout cas ça a bien fonctionné !
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F
Merci Erasme pour cet article.Le PS devrait mettre ce genre d'argumentations au centre de sa campagne.Fabrice.
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