Le pouvoir au peuple

Publié le par Erasme de Metz

sintomer.gifNe vous inquiétez pas, il ne s'agit pas d'un appel à  la révolte immédiate .  "Le pouvoir au peuple" c'est le dernier livre d'Yves Sintomer aux éditions La Découverte.  Ce livre traite des jurys citoyens, du tirage au sort et de la démocratie participative.

Yves Sintomer a d'ailleurs conseillé Ségolène Royal sur ce thème en Poitou-Charente (voir ici ou ici) et lors de la campagne présidentiel.

Cette Démocratie Participative est, je ne vous le cache pas, un des éléments important de mon adhésion au projet de Ségolène Royal. Ce livre permet de découvrir très simplement d'où vient cette notion et comment elle s'applique concrètement.

Le livre commence par le savoureux florilège des commentaires qui ont accompagné a proposition de jurys citoyens par Ségolène Royal (en lire l'écho sur ce blog ici ou ici). On découvre par un retour historique que ces hurlements, au delà de la manoeuvre politique, relevaient très probablement d'une très large ignorance du passé ... et du présent.

Mais une des thèses qui me semble centrale dans ce livre, et que je partage à 200%, c'est que l'ensemble des outils de démocratie participative (budgets participatifs, jurys...) loin d'être l'expression de la démocratie d'opinion médiatique et sondagière, sont au contraire les ramparts les plus indispensables face à celle-ci....

Une citation de Tocqueville l'illustre en soulignant l'aspect pédagogique des jurys:

"le jury, qui est le moyen le plus énergique de faire régner le peuple, est aussi le moyen le plustoqueville.jpg efficace de lui apprendre à régner" (De la démocratie en Amérique, I, 2, ch. VIII)

 

autod--fense.jpgPS: j'ai vu avec plaisir que le "Petit Manuel d'autodéfense intellectuelle" (que je vous avais conseillé il y a un an) est disponible en masse à la FNAC à Metz.... indispensable pour lutter sur le terrain des idées contre les effets du "Bref de Comptoir".

« Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle. »
Noam CHOMSKY

 

La présentation du livre "Le Pouvoir au Peuple" par l'éditeur:

La proposition de Ségolène Royal de mettre en place des jurys citoyens tirés au sort pour évaluer l’action des politiques a soulevé une tempête de protestations. À droite comme à gauche, responsables politiques et éditorialistes ont critiqué une mesure « populiste » et ont pêle-mêle évoqué Pétain, la Terreur, Le Pen ou Mao. 
Le tirage au sort a une longue histoire politique. Il constitue l’une des dimensions, trop souvent oubliée, du gouvernement du peuple. Inventé avec la démocratie à Athènes, utilisé dans les républiques médiévales et renaissantes, pourquoi a-t-il été réservé aux jurys d’assises dans les démocraties modernes ? Et pourquoi les expériences se multiplient-elles aujourd’hui à l’échelle internationale : jurys citoyens, conférences de consensus, sondages délibératifs, collèges tirés au sort dans les conseils de quartier et les budgets participatifs ?
Yves Sintomer montre dans ce livre incisif qu’un nouveau terrain politique est en train d’émerger. Face à la « démocratie » d’opinion et à sa fascination obsessionnelle pour les sondages, une démocratie participative s’invente où les citoyens et les mouvements sociaux peuvent prendre leur part.
Qui donc aurait à perdre si les citoyens pesaient réellement dans les prises de décision, si les élus devaient rendre des comptes devant des publics bien informés ? Si la politique retrouvait sa crédibilité, elle pourrait regagner plus de poids face aux forces du marché et aux pesanteurs bureaucratiques. Face à un statu quo intenable, plus que jamais, il devient urgent d’expérimenter.

Publicité

Publié dans Pour réfléchir

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
F
La démocratie participative se nourrit de la réflexion des citoyens, la "démocratie d'opinion" (en d'autres termes la dictature sondagière) se base sur leur émotion du moment. J'avais fait une modeste contribution à ce sujet sur le site "désirs d'avenir" mais je ne la retrouve plus. Peut-être que Sintomer s'en est inspiré pour son livre :-)Une social-démocratie écologique et participative, c'est exactement le terme que j'avais trouvé pour expliquer aux militants dubitatifs le fondement du positionnement politique de Ségolène Royal.Je crois que beaucoup de militants sont prêts à suivre cette voie pour réformer le PS, mais l'appareil y est très réticent. La seule solution c'est de porter Ségolène Royal à la tête du PS, suffisamment tôt, car 5 ans de Sarkozy çà va être long, mais c'est court devant la tâche à accomplir à gauche. La rénovation doit porter sur les idées, mais ausi sur les structures et les méthodes de militantisme, les relations avec les autres partis de gauche et du centre, avec les partis socialistes européens, l'attitude fàce à la presse, l'utilisation politique d'internet ...Le conseil national de samedi, tel que me l'a rapporté mon secrétaire fédéral, cétait l'inverse de la démocratie particpative : un orateur (membre du bureau national) monte à la tribune,il fait un discours, et puis s'en va, sans faire participer les représentants de la base, et sans écouter le discours des autres.Vous remarquerez aussi que la direction du PS va toujours trouver des raisons pour reporter sine die la rénovation du parti : maintenant c'est les législatives, ensuite ce sera les municipales, etc . Ils font comme çà depuis le 21 avril 2002. Paradoxalement c'est la gauche qui avait été éliminée et c'est le parti de droite, qui, entre temps, s'est réformé !Pour moi aller à la rencontre des électeurs pour une élection n'est pas incompatible avec des actions de rénovation du parti. 
Répondre
D
Je viens de lire le nouveau texte des Gracques dans le Nouvel Obs'C'est un défese de la sociale-démocratie à laquelle on peut largement souscrire (il y a bien 8 points de leurs débats clefs sur 10 qui étaient dans le pacte présidentiel).Les désaccords peuvent porter sur le travail nn qualifié et la gestion de la dette.Par contre ce texte est très peu mobilisateur et surtout n'ouvre en rien la porte à ce qu'on été les réelles nouveautés de ces dernières années telles que soulignées par Erasme: écologie offensive et démocratie participative.Une social-démocratie écologique et participative: une vraie évolution, qui aurait de plus l'avantage de nouer un dialogue constructif avec les verts et une partie des altermondialistes. C'est indipensable pour refonder une formation politique progressiste et moderne.
Répondre