"La force qui nous manque" Eva Joly
Je suis en train de lire "La force qui nous manque" , le dernier livre d'Eva Joly. Une belle histoire celle de sa vie. Un beau combat celui de son boulot actuel: lutter contre la corruption, construire un réseau mondial de procureurs, d'avocats qui s'épaulent, se donnent la force qui leur manque individuellement.Cette lutte est un impératif (voir l'indice de Transparency International). La corruption gangrène notre monde, la corruption utilise les même circuits que tous les trafics, que toutes les mafias, que toutes les terreurs, que tous les exploiteurs de la misère humaine, que tous les voyous en col blanc ou en pompes bicolores...
Pensons à Denis Robert (à soutenir ici ou ici) et à l'appel de Genève.
Cette lutte est un impératif de tout programme politique, de gauche en particulier.
Quelques mots d'Eva Joly:
"J'ai besoin de mouvement. Certains appelleront ça de l'ambition. Le mot ne me fait pas peur. J'ai toujours eu peur du moment où le réel vous assigne votre place : vous êtes la bonne, vous êtes l'épouse, vous êtes une mère, vous êtes une secrétaire, une juge puisque vous êtes une obstinée, mais docile s'il vous plaît. Vous avez l'âge de la retraite. Non, j'ai toujours bousculé cet ordre-là.
J'ai soixante-trois ans. Mais je n'ai jamais été libre.
J'ai quitté la France. Je suis partie parce que je ne voulais laisser à personne les moyens et le temps de se venger. Au nom de la Norvège, dans les grandes institutions ou dans les oupentes des juges de Nairobi ou de new Delhi, je rencontre depuis cinq ans des hommes et des femmes à la hauteur de leurs rêves."
La force nous manque trop souvent pour bousculer l'ordre des choses dans notre vie ou dans les affaires publiques. J'aimerais que ce livre soit pour ses lecteurs ce qu'il a été pour moi : un petit traité d'énergie et d'orgueil féminin
Publicité